RITRATTI D’IGNOTI — Portraits d’inconnus

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nous sommes ce que nous regardons

Je vous emmène avec moi dans cette recherche sur l’identité, sur l’inconscient, sur la mémoire.

Portraits d’inconnus est né à Rome, entre 2018 et 2019, d’un besoin urgent : observer comment l’avènement du numérique avait changé notre façon de nous regarder, les autres et nous-mêmes. Je me suis retrouvé entouré de visages, réels et virtuels, et je me suis demandé ce qu’il restait de la personne une fois le masque social tombé.

Je ne peins pas des corps spécifiques. Je peins des états universels de l’âme, les émotions comme vibration de l’être. Chaque visage que je porte sur la toile ou le papier désagrège le masque social individuel pour révéler quelque chose qui appartient à tous : la conscience de l’être, la vibration de la vie.

Ma recherche sur ces personnages procède par l’étude des formes, des couleurs et des symboles, à la recherche d’une représentation universelle de l’être, une communion au-delà de la physicité. Je ne peins pas des portraits au sens traditionnel : je peins l’humanité comme un portail, comme une projection de possibilité.

Chaque œuvre de cette série est un fragment de cette recherche. Certains visages émergent de l’obscurité, d’autres se dissolvent dans la couleur, d’autres encore sont saisis dans un instant suspendu, presque onirique. Il n’y a pas de technique ou de format unique : huile, acrylique, bombe aérosol, papier, toile — ce que l’image spécifique me demandait à ce moment-là.

Portraits d’inconnus a voyagé avec moi depuis Rome : elle a été exposée, elle a grandi, elle a changé à mesure que je changeais. Elle demeure, aujourd’hui encore, l’un des noyaux de ma recherche de peintre.

Je ne sais pas si vous vous reconnaîtrez dans ces visages. Je l’espère : c’est exactement là tout l’enjeu.

nous sommes ce que nous regardons, et dans ces portraits j’ai essayé de donner forme à ce regard, dans un contexte et un sujet presque métaphysique.